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LUTTONS CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES RACISÉES

À quoi pensez-vous quand il s’agit de parler de la violence faite aux femmes racisées? Pensez-vous aux mariages forcés, aux mutilations féminines génitales, aux violences dites basées sur l’honneur ou à toutes autres formes de violences aujourd’hui ressassées et décortiquées dans les médias? Toutes ces violences ont un point en commun : elles se produisent dans la sphère privée. Il existe une hypervisibilité quant aux violences « privées » faites contre les femmes racisées. Ces violences sont médiatisées à outrance, car elles légitiment d’autres formes d’oppression comme le racisme, le colonialisme, l’islamophobie et l’exploitation économique.

Nous sommes donc en droit de nous demander ce qu’il en est des violences publiques. Elles sont multiples et pourtant, elles ne reçoivent pas la même attention. Qui dénonce l’hypersexualisation des femmes noires dans les médias, l’islamophobie genrée croissante qui menace la sécurité de milliers des femmes au Québec, le harcèlement raciste ou sexiste et la diffamation à laquelle sont soumises des femmes racisées qui osent prendre la parole en public? Où sont les voix qui s’élèvent contre la sous-représentation des femmes racisées au niveau de l’emploi, ce qui constitue une violence économique?

La violence envers les femmes racisées n’en est pas une qui se vit uniquement derrière les portes closes ou au sein de leurs cultures respectives comme on tente de nous le faire croire. Il est temps de remplacer cette exotisation par un constat et une reconnaissance clairs de celle qu’elles vivent quasi quotidiennement au travail, dans les transports en commun, à l’épicerie, à l’université, dans les médias, sur les réseaux sociaux, etc. L’invisibiliser ou refuser de la voir ne la rend pas moins réelle. Ensemble, entendons et soutenons les voix des femmes racisées qui s’élèvent contre ces violences, reconnaissons l’existence de ces violences, condamnons-les et révélons-les au grand jour afin qu’un changement puisse enfin s’amorcer

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LUTTONS POUR LA RÉGULARISATION DES FEMMES SANS STATUTS

Peu après les élections fédérales en 2015, le Collectif des femmes sans statuts de Montréal a interpellé le Premier ministre dans une lettre ouverte. Un an plus tard, elles attendent encore une réponse et appellent à une manifestation et à une campagne de cartes postales en leur appui.

D'après des estimations entre 500 000 et 1 000 000 personnes vivent au Canada sans statuts. Les femmes parmi elles se sont retrouvées dans cette situation pour différentes raisons. La plupart ont vu leur demande d'asile refusée. Certaines ont vécu une séparation des personnes qui les ont parrainées et elles ont perdu leur résidence conditionnelle. D'autres sont arrivées au Québec en tant qu'aides familiales résidentes et ont perdu leur emploi avant de pouvoir appliquer pour la résidence permanente. Les femmes sans statuts travaillent dans l’ombre, elles nettoient des maisons, servent dans des restaurants, travaillent à la chaîne, produisent la nourriture.

Vivre sans statuts met les femmes dans une situation de grande précarité. Elles n’ont pas accès au système de santé. Elles n'ont pas plus accès à l'éducation, au logement social, aux allocations d’enfants, aux garderies, aux banques alimentaires ou d’autres services, même si elles payent des impôts. Elles vivent dans une peur constante d'être détenues et ensuite déportées, ce qui les rend encore plus vulnérables face aux violences, car dénoncer n'est pas vraiment une option pour elles. Leurs enfants, né-e-s ici ou résidant ici depuis des années, sont terrorisé-e-s par la menace d’une déportation, qui les arracherait à leur école, leurs camarades et leur vie sociale, ou qui les séparerait d’un de leur parent. Certaines familles ont déjà été brisées par la déportation d’un de leur membre et attendent dans l’angoisse d’être à nouveau réunies.

Des milliers de femmes sans statuts vivent dans l'invisibilité parmi la population. Précaires parmi les précaires, elles sont particulièrement vulnérables et victimes d’exploitation et d’abus, en tant que femmes, et en tant que sans statuts. De diverses origines et horizons, ces femmes ont toutes des histoires différentes et bouleversantes à raconter. Elles luttent ensemble pour rejeter le cas par cas, et demander la régularisation de toutes les personnes sans statuts. Elles ont choisi de prendre la parole et de rendre leur réalité visible. À date, leur demande de rencontre avec le Premier ministre Justin Trudeau n'a pas reçu de réponse. Aujourd'hui, elles nous appellent à interpeller le Ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté pour exiger la régularisation de toutes les personnes sans statuts pour leur permettre une vie dans la dignité.

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LUTTONS CONTRE LES VIOLENCES COLONIALES VÉCUES PAR LES FEMMES AUTOCHTONES

En automne 2015, un reportage de l’émission « Enquête » a porté à l’attention du grand public des dénonciations de femmes autochtones d’abus policiers à leur égard à Val-d’Or. Un an plus tard, on apprend que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) donnera suite qu’à deux accusations sur 37. Femmes autochtones du Québec, appuyé par de nombreux groupes dont le Conseil du statut de la femme, demande une enquête publique indépendante, pour « mettre en lumière la situation relationnelle entre les femmes autochtones et les services policiers ».

Un regard sur les statistiques montre que les femmes autochtones représentent 4,3 % de la population féminine, mais qu’elles comptent pour 16 % des femmes assassinées au Canada. Elles vivent plus souvent la violence conjugale et elles en subissent des formes plus graves. En même temps, les femmes autochtones représentent 36 % des femmes incarcérées au Canada (13 % au Québec).

Pour comprendre cette surreprésentation, il faut tenir compte du contexte dans lequel vivent les femmes autochtones. À travers des lois et des pratiques, comme la « Loi des Indiens », les peuples autochtones ont été forcés à abandonner leur culture et à s’adapter à celle des colonisateurs. Pendant des décennies, des enfants étaient enlevés à leurs parents pour vivre dans des pensionnats. La Commission de vérité et de réconciliation a appelé cette pratique, dont les générations d’aujourd’hui vivent encore les conséquences, un génocide culturel. À ces facteurs historiques, des facteurs économiques et sociaux s’ajoutent. Les probabilités de vivre avec un revenu plus bas que le seuil de faible revenu sont deux fois plus élevées chez les femmes autochtones que les femmes allochtones. Le nombre d’enfants est plus élevé chez les femmes autochtones que chez les femmes allochtones. De même, la croissance de la population autochtone dans un contexte de pénurie de logements rend encore plus difficile pour les femmes de fuir les violences qu’elles subissent.

Ces discriminations et violences structurelles sont des facteurs cruciaux pour comprendre les violences que vivent les femmes autochtones. Pour mieux prendre en compte ce contexte et pour reconnaître que la violence est souvent une problématique intergénérationnelle, Femmes autochtones du Québec, comme d’autres organismes autochtones, préfère utiliser l’expression « violence familiale » plutôt que « violence conjugale ».

Un an après les dénonciations de Val-d’Or, Femmes autochtones du Québec nous appelle à soutenir leur demande d’une enquête publique sur les relations entre les femmes autochtones et les institutions policières au Québec. « Aujourd’hui, nous demandons au gouvernement, à la Sûreté du Québec et aux autres corps policiers du Québec ce qu’ils vont faire pour rétablir la confiance, pour assurer la sécurité des femmes de nos nations et pour répondre à son devoir de réconciliation. Le gouvernement du Québec doit écouter et collaborer avec les organisations autochtones et alliées et s’engager à être un acteur de changement pour éliminer la violence et le racisme au sein de ses propres institutions ».

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LUTTONS CONTRE LES VIOLENCES VÉCUES PAR LES FEMMES ITINÉRANTES

Alors même qu’elle augmente, l’itinérance des femmes demeure encore invisibilisée. En effet, la rue constitue un lieu particulièrement dangereux pour les femmes : celles qui y passent la nuit ont vingt fois plus de risque que les autres femmes de subir une agression1. C’est particulièrement le cas pour les femmes trans, plus à risque de subir de la violence de la part de la police2. Pour éviter la rue, les femmes se déplacent donc sans cesse de la rue à une maison d’hébergement, d’un logement loué à la chambre d’une connaissance. C’est alors qu’elles sont particulièrement à risque de subir des violences sexuelles de la part d’un propriétaire.

L’itinérance des femmes est d’abord et avant tout un phénomène social causé par des politiques qui interagissent ensemble : coupures dans l’aide sociale ou dans les services publics, pas assez de construction de logements abordables, adéquats et accessibles, augmentation de la précarité sur un marché du travail déjà inégalitaire, etc. De plus, la pauvreté des femmes est structurelle, notamment parce que les femmes occupent la majorité des emplois à temps partiel, précaires et moins bien rémunérés. Cette situation s’aggrave à la retraite : 54,5 % des femmes de 65 ans et plus consacrent plus de 30 % de leur revenu au loyer3. En raison des discriminations racistes sur le marché de l’emploi, les femmes immigrantes ou les femmes racisées sont non seulement plus pauvres, mais doivent aussi consacrer une plus grande proportion de leur revenu au logement. Dans les communautés autochtones, la terrible crise du logement participe à l’exode urbain, à l’itinérance ou au surpeuplement.

Une autre cause de l’itinérance des femmes est liée aux discriminations systémiques dans l’accès aux logements existants et dans les services d’hébergement d’urgence. C’est ainsi que les femmes en situation de handicap doivent affronter « une pénurie de logements adaptés et de ressources dédiées »4 . Les femmes autochtones subissent du racisme de la part des propriétaires leur refusant un logement. En outre, les organismes de soutien n’offrent généralement pas de services dans leur langue et dans le respect de leurs cultures. Des femmes trans se voient régulièrement refuser l’accès aux logements et aux refuges pour personnes itinérantes.5

Pour toutes ces raisons, nous vous invitons à signer et diffuser la pétition contre les violences sexuelles vécues par les femmes locataires afin de mettre fin aux entrées par effraction, aux tentatives d’extorsion, au chantage, au harcèlement, aux menaces et aux agressions sexuelles!

Notes

1. La rue des femmes, 2010, p. 4
2. Rapsim, 2016, p. 8.
3. FRAPRU, 2015, p. 6
4. FRAPRU, 2015, p. 10
5. http://headandhands.ca/fr/2013/02/femmes-trans-refusees-aux-refuges/

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LUTTONS CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES

Récemment, des milliers de femmes au Québec ont dénoncé publiquement les agressions sexuelles qu’elles avaient subies, par exemple dans le cadre des campagnes « Agressions non dénoncées », « On vous croit » ou encore « Sans oui c’est non ». Grâce à ces dernières, il ne devrait plus être possible aujourd’hui d’ignorer que 83 % des victimes sont des filles et des femmes tandis que 97 % des auteurs présumés sont des hommes, ni de remettre en cause que seulement 10 % des agressions font l’objet d’une plainte à la police. Il devrait être désormais évident que loin de constituer une série d’actes isolés, les violences sexuelles doivent plutôt être appréhendées comme un phénomène social, produit, toléré et encouragé par la culture du viol. Les institutions publiques, policières, juridiques, médicales ou encore universitaires y participent directement que ce soit par des réponses inadéquates, par la culpabilisation des victimes ou encore la protection des agresseurs.

Les mobilisations féministes ont certes permis de mettre en évidence l’ampleur de la culture du viol, mais le fait que les violences sexuelles ne touchent pas toutes les femmes de la même manière est encore trop souvent ignoré par le grand public. La culture du viol s’imbrique en effet avec le colonialisme, le capacitisme, le racisme, le capitalisme, la lesbophobie ou encore la transphobie. Les agressions sexuelles constituent d’abord une prise de pouvoir sur le corps des femmes et les femmes se situant à l’intersection de plusieurs rapports sociaux inégalitaires sont ainsi plus à risque de subir une agression. Il est temps d’en finir avec l’invisibilisation des violences vécues par les femmes lesbiennes, les femmes trans, les femmes âgées, les femmes racisées, les femmes autochtones, les femmes prostituées/travailleuses du sexe ou encore les femmes en situation de handicap.

Par exemple, ce sont 40 % des femmes et des filles vivant avec un handicap physique, des déficiences intellectuelles ou des troubles de santé mentale et des femmes sourdes qui vivront au moins une agression sexuelle au cours de leur vie. Ces filles et ces femmes sont 4 fois plus à risque de se faire agresser que les femmes sans incapacité. Ces violences prennent différentes formes, allant du harcèlement verbal à l’agression physique, de la stérilisation à l’avortement forcé, du déni de sexualité à l’abus sexuel. Les situations de dépendance, créées par l’organisation capacitiste de la société, renforcent cette vulnérabilité : près du tiers des agressions sont commises par les personnes censées assister ces femmes. Le respect du consentement doit être la règle pour chacune d’entre nous.

Les violences sexuelles sont un phénomène social : ce n’est donc pas une situation immuable! Pendant les 12 jours d’action, les féministes se mobilisent partout au Québec pour lutter contre les violences et nous vous invitons à diffuser le calendrier des actions et à y participer massivement.

 Comite 12 jours

Violences systémiques

Les femmes vivent des violences en raison de plusieurs systèmes d’oppression qui interagissent entre eux comme le sexisme, le racisme, le capacitisme (discriminations à l’égard des personnes en situation de handicap), le colonialisme, la transphobie et l’hétérosexisme. Nous en avons assez que notre société se déresponsabilise. C’est pourquoi il est temps de montrer le véritable labyrinthe auquel beaucoup de femmes sont confrontées.
Pour mettre en évidence les violences systémiques faites aux femmes, le Comité des 12 jours d’action a fait appel à une artiste montréalaise, The Creative Kay. Trop souvent, lorsqu’on parle des violences faites aux femmes, on culpabilise les femmes : mais pourquoi étais-tu habillée comme ça ? tu ne trouves pas que tu cours des risques en consommant de l’alcool ? mais pourquoi n’as-tu pas cherché de l’aide ? mais pourquoi tu ne te prends pas en main ? etc, etc.). Or le vrai problème n’est évidemment pas dans le comportement des femmes. Il est bel et bien dans notre société!  C’est pourquoi nous avons fait le choix de représenter – non pas les femmes victimes de violence – mais bien les obstacles systémiques que produit notre société contre les femmes.

Nous avons choisi d’illustrer les violences systémiques à partir de trois exemples, parmi tant d’autres. Dans les pages qui suivent, vous trouverez :
- une planche sur les violences systémiques dans le système de justice.
- une planche sur les violences systémiques dans le système de santé.
- une planche sur les violences systémiques dans la sphère économique.


N’hésitez pas à partager vos expériences et analyses avec nous
Vous pouvez télécharger ici la BD en format papier (11 par 17, recto-verso).

 Comite 12 jours

2018

La campagne 2018 a comme but spécifique d'encourager le grand public de passer à l'action.

En août 2018, le Plan d’action contre la violence conjugale a été dévoilé. En 2016, c'était la Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles. Il faut le dire : ces deux plans n'ont pas répondu aux attentes des membres du Comité.

C'est pourquoi nous invitons la population à se joindre à nous, des organismes communautaires qui œuvrent auprès des femmes, pour s'impliquer dans l'action contre les violences envers les femmes !

Vous ne savez pas comment participer à une action pour faire avancer la cause féministe ?

Ne vous inquiétez pas - le comité a des suggestions pour vous ! Cette édition, le comité fait équipe avec 6 organismes communautaires, plusieurs qui parviennent des régions autres que Montréal, pour mettre de la lumière sur les violences envers les femmes et comment y mettre fin !

Rejoignez le mouvement et donnez une aura nationale à ces 12 jours d’action !

Qui sont ses organismes ? Quelles violences vont être discutées ? Que sont les actions proposées ? Les réponses à toutes vos questions seront révélées bientôt...Revenez visiter la page web des 12 jours tout au long de la campagne pour voir les nouvelles vidéos du Comité la seconde qu’elles feront leur première sur le vaste monde du web !

1ère Vidéo : https://www.facebook.com/FFQMMF/videos/903814106475491/

2e Vidéo : https://www.facebook.com/FFQMMF/videos/258038461555101/

3e Vidéo : https://www.facebook.com/FFQMMF/videos/781203712213389/

4e Vidéo : https://www.facebook.com/FFQMMF/videos/292518631389141/

5e Vidéo : https://www.facebook.com/FFQMMF/videos/1442600119208293/

6e Vidéo : https://www.facebook.com/FFQMMF/videos/734679846897496/

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